Extraits de Presse

Lydia Harambourg – La gazette de l’Hôtel Drouot – n°40 – 19 nov 2010 :
“SEQUENCES”
Sadko confronte ses personnages au vide de l’espace. Son humanité s’est affranchie de la planéité du mur pour affronter la démesure du monde, face à son destin. C’est en funambule que l’homme arpente ramures et racines d’arbres, symboles de l’univers. L’idée d’équilibre est constante dans une thématique du dédoublement. Modelées dans la cire puis fondues dans le bronze, ses sculptures dialoguent avec l’ombre qu’elles projettent. Au mouvement déclenché par la course du petit personnage répond la halte de son alter ego, assis au sommet d’une échelle et qui aspire à l’infini. Le cercle comme l’échelle de Jacob sont les métaphores de la terre et du ciel. Fragile et déterminé, l’homme y occupe sa place, minuscule dans l’immensité sidérale qui impose son rythme et ses cadences. La lumière vient éclairer les conquêtes et les certitudes de ce héros en se reflétant sur le mur. Ses récentes peintures monochromes fixent son petit personnage dans les vastitudes de l’univers, tout surpris d’être sur une planète inconnue. La poésie personnelle de Sadko nous incite à la contemplation, gage de l’éternité.
Galerie de Buci, 73 rue de Seine, Paris VIème, jusqu’au 27 novembre

Paris Moscou – webmagazine sur la culture et l’art russe
www.parismoscou.info/

Sadko par Anne Filhol
C’est toujours un moment magique car ces œuvres interpellent, touchent l’âme de celui qui y pose son regard.

Voyage vers l’infini et voyage intérieur
Plénitude de l’âme qui se laisse emporter
Pierre solaire à nos pas de troubadour
Aube mystérieuse à nos vies suspendues…

Oui j’aime ces moments de partage car nous parlons la même langue…n’est-ce pas?

En marge des expositions, une interview,
par Carla Van der Rohe – La Feuille – Nov. 2008 – L’art en dialogue

Sadko, nous avons évoqué lors de notre dernière rencontre et le mythe de la caverne de Platon, et la Bible avec le Calvaire et la Crucifixion, et le Divin comme principes intellectuellement établis qui permettent de tendre à une définition plausible de la création. Revenons sur ce dialogue par écrit.
 
Andreï Sadko : « Je me suis référé au divin en effet, parce que tous nos gestes sont tendus par deux pôles opposés : la terre et l’air, le poids et l’apesanteur, le plein et le vide, le matériel et le divin.
Aujourd’hui, le matériel domine, dans les médias, dans la consommation, dans l’apparence, sur les stands des salons d’art contemporain livrés aux gadgets, sur le marché de l’art dévolu à la spéculation. Il est concret, immédiatement assimilable, il fait plaisir, il flatte les sens, et il peut être expliqué, commenté.
Or, vous savez bien que nous vivons dans le pays où l’art est le plus cérébral (et souvent le plus creux) du monde, dominé par des commentateurs et des commissaires qui ambitionnent de faire œuvre artistique – alors qu’ils ne font généralement qu’exprimer leurs frustrations par rapport à la création.
Dominé aussi par les financiers collectionneurs prétendument connaisseurs et les flatteurs (institutionnels, mercantiles) qui les courtisent. Manipuler le matériel est chose banale, comme demeurer dans la caverne de Platon. C’est ainsi que s’impose la ligne d’un art officiel soutenu par des étudiants formés à la pensée unique, d’un langage convenu – « le plaisir rétinien » a bonne presse en ce moment à la place de « plaisir de l’oeil » ! – ce sont tous ces « post », « néo », « n-ième revisite » qui suppléent la création véritable ; ce sont ces enquêtes sociologiques à deux sous, cette psychologie de bas étage, et cette politique de café du commerce que l’on fait passer pour de l’art.
L’art est une vision du monde, certes, mais toute vision du monde n’est pas de l’art ! L’art est nouveau – oui, mais toute nouveauté n’est pas de l’art ! La mode il faut la laisser aux tailleurs ! Heureusement, une partition de Mozart nous ouvre toujours un autre monde, comme la mélodie de Schubert et la musique sereine et contemplative d’Arvö Pärt… Comme les veines qui courent sur les mains et les pieds du Greco, les lambeaux de chair de Grünewald et de Bacon, les regards effarés de Munch, comme les lueurs et les ombres cosmiques de Léon Zack et les grands Dieux énervés de Lindström. Le Divin ? Appelez-le comme vous voulez : il est un art qui élève, qui exprime l’ineffable, le mystère du monde et celui de notre propre existence. C’est celui qu’explorent les intrépides, ceux qui sortent de la caverne… »

Lydia Harambourg – La gazette de l’Hôtel Drouot – n°38 – 2 nov 2007 :
Sadko à la Galerie de Buci – Paris

L’exposition intitulée « En toute transparence » présente les sculptures récentes, ainsi que les nouvelles recherches de transparence sur plexiglas peint.
Les œuvres récentes de Sadko approfondissent leur relation à l’apesanteur, ce qui, pour un sculpteur, est un défi ouvertement revendiqué. L’artiste l’assume en le relevant spectaculairement. Il y parvient en questionnant l’espace autrement. Si ses petits personnages en bronze gravitent autour des échelles de Jacob, arpentent inlassablement le cercle de la terre, ils se perdent aussi dans des immensités transparentes ; des territoires translucides, submergés d’une lumière mouvante. Les plaques de plexiglas portent le sujet tout en le laissant respirer. Le pinceau introduit avec un geste libre, quasi improvisé, des balayages de couleur, des taches, des effilochures déposées en inclusions de tons vifs, simulant les frontières que l’homme devra franchir. Cet effet de miroir est visible des deux côtés. Avers et revers dialoguent, fédérés par le dessin, arachnéen, les jeux colorés portés par un lyrisme qui parcourt les panneaux transparents. L’homme qui marche de Sadko est un arpenteur parti à la conquête du soleil. Il porte ses rêves. Il s’envole à leur rencontre.

Le Journal du Sud-Ouest, 27 juillet 2006 :
Promenades intérieures, au Musée de Guéthary, avec Vlad, 15 juillet- 2 septembre 2006

L’espace en vedette. (…) Sadko expose régulièrement depuis 1986. Après avoir appris le travail du marbre en Italie, il s’initie à d’autres matériaux comme le bois, le métal découpé ou encore le bronze, « matière idéale pour travailler dans l’espace ». Cette notion est au centre de son œuvre où l’absence de matière joue un rôle important. « Le vide l’emporte sur le plein », dit-il. Associant sculpture, gravure et couleurs en transparence, Sadko imagine des personnages suspendus entre ciel et terre. L’ombre de leurs silhouettes est ainsi projetée sur le mur, « créant un mode de rêve, de poésie et de spiritualité ».
Cette forme de sculpture, peu vue jusque-là, est à contre-courant. « Elle se détache du sol. Le sentiments de légèreté est en opposition avec l’idée d’une sculpture plus pesante ».
Le sous-sol du musée de Guéthary représente la salle « parfaite » pour ses œuvres. « Cet espace clos, sans fenêtre, est d’une grande pureté, se réjouit Sadko. La sculpture est mise en valeur par un bon éclairage et il n’y a pas de rupture entre des fenêtres et le décor. C’est un véritable espace de méditation ».

Alexandre de La Cerda, La Semaine du Pays Basque, 20-26 juillet 2006 :
Des bronzes aux ombres fluides

L’équipe qui remplace au Musée de Guéthary l’ancien conservateur Jean-François Larralde a eu la main heureuse en faisant venir de Paris, pour son exposition de l’été, « Sadko » et « Vlad ». Les deux frères jumeaux sculpteurs dont l’origine russe « blanche » n’est d’ailleurs pas le seul point d’analogie qui ferait penser aux frères Grichka et Igor Bogdanov ayant illustré les programmes scientifiques sur le petit écran.
Tous deux se sont d’abord éveillés à la création artistique auprès de leur grand-mère et tante Maria Gromtseff, en façonnant avec de la pâte à modeler des petits personnages d’après les costumes qu’elle fabriquait pour l’opéra, le théâtre ou le cinéma. Ils rencontrèrent chez elle Youri Annenkoff qui s’amusait de les voir copier ses maquettes et dont ils devinrent les élèves : dans ce fantastique tourbillon des arts qu’avait engendré l’apport à la France des meilleurs talents russes fuyant l’horreur de la révolution communiste de 1917, ce peintre portraitiste et écrivain, collaborait précisément à un film sur Modigliani.
« Promenades intérieures », tel est le titre de leur exposition au Musée de Guéthary. Elle nous fait entreprendre un beau voyage qui débuta donc avec Annenkoff : « il nous racontait sa vie, le déroulement de la révolution en Russie… C’était un peintre en quête d’espace. Nous, comme sculpteurs, nous cherchions plutôt le dessin et le graphisme dans l’espace » !
(…) quant à Andreï – Sadko – il considère que « le vide est plus important que le plein ». Il a d’abord travaillé le marbre à Carrare avant de se tourner vers « la sculpture allégée » en découpant des plaques de bronze (…). Elles illustrent le parcours de l’Homme qui semble comme « perdu » au sein d’un univers très grand, à l’occasion d’un rapport entre le Yin et le Yang. Toutes s’inspirent d’« une élévation, une aspiration vers le haut » selon la formule affectionnée de Serge Lifar qui fut son parrain.
Auteur d’une sculpture avenue Daumesnil dont on peut voir la photo avec quelques autres de ses réalisations, Sadko montre également au sous-sol de la villa Saraleguinea des pièces colorées dans du plexiglas dont les gravures et les petits personnages en bronze qui leur sont adjoints projettent leur ombre sur le mur. A la place de la matière disparue, surgit ainsi « un monde léger et fluide »…

Lydia Harambourg – La Gazette de l’Hôtel Drouot – juin 2006 :
Sadko-drouot06

Lydia Harambourg – La Gazette de l’Hôtel Drouot - juin 2004 :
Sadko-drouot04

J.G. – A. – Le Monde du Médecin – juin 2000 :
Sadko ou la relation de l’homme avec l’univers

La Galerie de Buci présente au 73, rue de Seine dans le 6ème arrondissement de Paris, Promenades, les toutes dernières œuvres de Sadko, sculpteur. On eut dit que la Petite Place signée Alberto Giacometti et nichée à la Fondation Maeght de Saint-Paul-de-Vence, était érigée pour indiquer au sculpteur la voie ascendante où se prolongera sa « promenade ». L’avance est scandée par ce pied gauche soulevé entamant sa marche d’équilibriste. Fil raide que maintient un point de soudure à la tige verticale. Sculpture où le volume s’efface devant le vide. Dépouillement et simplicité du solitaire qui se réapproprie sa place dans l’univers. Métal élimé jusqu’à l’usure totale. Etres effilés ne retenant que l’essence de la poésie, la force d’une vie intérieure des plus denses. L’on dirait la matérialité de l’âme.
Plus voyage que promenade, l’Etre initié, encadré de murs, doit trouver la brèche par où prolonger sa quête. Il garde en point de mire l’intuition de l’extrême limite des échappées. Là où tout n’est que lumière. Du souci de Sadko d’intégrer la sculpture à l’environnement naissent des œuvres monumentales. Dont une sculpture à Paris et une autre en route pour la Défense.
L’exposition présente aussi sa monographie dont les textes sont de Michel Bohbot, poète, auteur de nombreuses préfaces et monographies d’Arman, César, Appel, Miro, Chillida…

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